Nos réponses aux revendications lycéennes

Depuis plusieurs semaines, les lycéennes et les lycéens manifestent. Si leur mobilisation a beaucoup fait parler, les médias se sont malheureusement concentrés sur les violences.

Aujourd’hui, on veut parler du fond. Et répondre à chacune de leurs revendications, une par une. (Ce que le gouvernement aurait dû faire il y a bien longtemps).

Manque de personnels éducatifs

À la rentrée, il manquait au moins un professeur dans 53% des collèges et lycées publics, mais il manquait aussi des CPE, des AED, des AESH et des psychologues de l’Éducation nationale.

Le manque de personnel éducatif engendre de nombreux dysfonctionnements : classes surchargées, cours non assurés, accompagnement discontinu des élèves.

Nous proposons de :

  • Maintenir un budget et des effectifs constants de recrutement au sein de l’Éducation nationale, malgré la baisse démographique.
  • Revoir le statut des AESH pour leur offrir des conditions de travail dignes et un salaire décent.
  • Renforcer l’attractivité des métiers éducatifs, notamment en portant une attention particulière à la gestion des ressources humaines : délais d’affectation, accompagnement en cas de difficultés, formation continue.

Stress lié à Parcoursup

Si les lycéens jugent la plateforme stressante (84%), ils la jugent aussi claire (76%) et fiable (66%). Ils sont en grande majorité satisfaits des réponses obtenues pour les formations (73%).

Ce qui semble manquer, c’est la transparence et l’accompagnement humain.

Nous proposons de :

  • Rendre l’algorithme plus transparent pour que les lycéens n’aient pas affaire à une boîte noire anxiogène, étudier la réintroduction du classement des vœux.
  • Rétablir le certificat d’études à la fin de l’école primaire, renforcer les exigences du brevet et du baccalauréat et faire de la réussite à ces examens diplômants une condition sine qua non d’un passage de niveau.
  • Garantir une place dans l’enseignement supérieur à tous les bacheliers.
  • Réduire la demande sur les formations de l’enseignement supérieur général, en renforçant l’orientation vers les voies technologiques et professionnelles.
  • Accorder une décharge aux professeurs principaux qui assurent le suivi d’une classe de terminales.
  • Revaloriser les CIO (centres d’information et d’orientation).

Emplois du temps inadaptés

Nos rythmes scolaires font figure d’exception au sein de l’OCDE : moins de semaines de classe sur l’année, mais des journées plus longues.

Une Convention citoyenne a été organisée sur le sujet en 2025, à la demande du gouvernement, mais elle n’a pas donné lieu à de réels changements.

Nous proposons de reprendre plusieurs de ses propositions, notamment de :

  • Décaler l’heure de début des cours à 9h au collège et au lycée.
  • Réviser le calendrier scolaire en deux zones de vacances, avec un rythme plus équilibré.
  • Établir un socle d’apprentissages élargi qui articule les savoirs théoriques fondamentaux le matin et les pratiques l’après-midi (gestion du budget, éducation à la citoyenneté, activités sportives, …).
  • Engager une évaluation robuste des effets de la réforme du bac et du lycée, qui complique l’élaboration des emplois du temps.

En complément, nous proposons de réduire la durée des vacances d’été.

Bâtiments vétustes

20 à 30% des bâtiments scolaires sont « vétustes » et « inadaptés » aux événements climatiques extrêmes selon l’Alliance écologique et sociale.

Edurénov, programme de rénovation énergétique des bâtiments scolaires éducatifs et sportifs, a pourtant été lancé en 2023.

Nous proposons de :

  • Engager un plan d’urgence de rénovation du bâti scolaire, en priorisant les sanitaires avec un guichet unique et des procédures simplifiées.
  • Accélérer l’adaptation des établissements scolaires aux conséquences du changement climatique : isolation, dispositifs de rafraîchissement et chauffage adaptés.

Système à plusieurs vitesses

Les enquêtes PISA révèlent que la France fait partie des pays développés au sein desquels l’école ne permet pas de dépasser les inégalités liées à l’origine sociale des élèves.

En 2019, les dépenses moyennes par lycéen en France s’élevaient à plus de 11 000 euros, au-dessus de la moyenne de l’OCDE.

Pourtant, notre système d’éducation est très loin de faire les efforts qu’il faudrait pour faire davantage progresser les enfants des milieux les moins favorisés.

Nous proposons de :

  • Investir massivement dans le premier degré (écoles maternelles et élémentaires) pour réduire les écarts de niveau là où ils se jouent le plus : dans les premières années.
  • Conditionner les passages de classe à l’acquisition des connaissances et compétences attendues.
  • Évaluer les moyens accordés aux lycéens, au-delà des moyennes, et aller vers une harmonisation partout en France.

Santé mentale

En 2024, un lycéen sur cinq déclarait avoir des pensées suicidaires.

Nous proposons de :

  • Former davantage les infirmiers et infirmières scolaires à ce sujet et prolonger le dispositif mis en place en 2023 par Pap Ndiaye, qui visait à former a minima deux adultes par établissement au secourisme en santé mentale.
  • Faire connaître le dispositif déjà existant « Mon soutien psy » permettant d’accéder à 12 séances remboursées par an.
  • Rendre tous les psychologues accessibles par ce dispositif (plus d’offre).
  • Lutter contre la solitude et le harcèlement.

Sources

  • CESE. Les propositions de la Convention citoyenne sur les temps de l’enfant, 23 novembre 2025.
  • SNES. Rentrée 2026, toujours la pénurie !, 7 septembre 2026.
  • CSA x Ministère de l’Éducation nationale. 6ᵉ édition du Baromètre Parcoursup 2025, 13 octobre 2025.
  • Vie-publique.fr. Les rythmes scolaires : une exception française ?
  • Sénat. Transition écologique du bâti scolaire : mieux accompagner les élus locaux, 28 juin 2023.
  • AES. L’école bien dans ses murs, septembre 2025.
  • OCDE. L’enquête OCDE-PISA sur l’éducation, 2017.
  • Observatoire des inégalités. Les inégalités sociales à l’école, de la maternelle à la fin du collège, 1er septembre 2026.
  • Santé publique France. La santé mentale et le bien-être des collégiens et lycéens en France hexagonale. Résultats de l’Enquête nationale en collèges et en lycées chez les adolescents sur la santé et les substances (EnCLASS) 2024, 2 juin 2026.

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